Le faisan de Colchide et le faisan “commun”

Introduction.

Avant d’évoquer les principales maladies de notre faisan de “chasse”, il convient de rappeler quelques données essentielles.
Comme la perdrix grise, le faisan appartient à l’ordre des galliformes. (du latin “gallina” qui se traduit par poule).
Essentiellement terrestre, ce gallinacé est pourvu de pattes robustes, gris brun.
Elles lui permettent de courir très vite et gratter le sol pour se nourrir. Bien que lourd, sa musculature pectorale très développée lui assure un envol rapide et sa longue queue constitue un gouvernail précieux et efficace pendant le vol
parfois très véloce. ( Des pointes de 80 km/h en vol plané)

De nombreuses varietes de faisans…

Originaire d’Asie, le faisan de Colchide (Phasianus Colchicus) est introduit en Europe, dès l’Antiquité, par les romains.
Bien plus tard, lors des différentes croisades,
nos preux chevaliers et seigneurs, séduits par ce bel oiseau, le ramènent dans leurs fiefs et comtés….Sa présence est confirmée en Europe Occidentale, dès le 9ème siècle de notre ère, par les peintures de scènes de chasse de l’époque et de nombreux textes.
D’abord réservé aux rois, princes et nobles, il devient au fil des siècles le gibier de base de nombreux territoires de chasse.
Chez le faisan di De race pure, le mâle, appelé “coq” de faisan de Colchide présente un plumage très coloré. La tête et le cou, d’un vert bouteille sombre et brillant aux reflets violets, tranchent avec le rouge écarlate de la peau qui entoure les yeux. La poitrine, noire violacée, se démarque du reste du corps, revêtu d’un plumage brun cuivré aux multiples reflets brillants. On notera l’absence totale de collier blanc au cou… caractéristique de la race pure ! Adulte, le poids moyen avoisine 1kg400 pour une longueur totale de 75 à 90 cm dont 40 à 55 cm pour la
queue.
Contrairement à la perdrix grise, le dimorphisme sexuel du plumage permet de différencier le mâle de la femelle au premier coup d’oeil.
La femelle, la “poule” de faisan de Colchide a un plumage nettement plus sobre. La tête, le cou et le corps sont de couleur fauve vermiculé de noir. Le poitrail et le ventre sont plus pâles.
La queue brun roux, barrée de noir et de jaune, est plus modeste que celle du coq. Le poids moyen d’une poule est proche de 900 grammes et la longueur du corps avoisine les 60 cm avec une queue de 20 à 25 cm.

Chez le faisan dit "commun", on constate la
présence d'un collier blanc.

Le faisan versicolor

(Phasianus versicolor) est une autre variété.
De race pure, le coq adulte se pare d’une tête verte, comme le faisan de Colchide, mais la gorge est nettement bleue et le cou franchement violet pourpré.
L’ensemble du plumage du corps est vert olive, aux reflets bleu gris. La couverture des ailes est gris clair et châtain, aux reflets bleus et verts.
Les rectrices sont de couleur olive aux larges bandes noires.
La poitrine tranche sur le reste du corps, mais cette fois, elle est plus claire avec des traces de couleur fauve sur sa
partie inférieure. Aucun collier blanc n’existe dans la race pure de ce faisan !
La poule du faisan versicolor est de couleur fauve, mais plus tachetée que celle du faisan de Cholchide.
Le faisan versicolor compte trois sousespèces, alors que le faisan de Cholchide en comprend 31 !

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Le faisan dit “commun”

est issu de croisements répétés entre le faisan versicolor et le faisan de Colchide, mais aussi avec leurs nombreuses sous-espèces.
Ces sous-espèces sont notamment le faisan de Chine ou de Formose (Phasianus colchicus formosanus) et le faisan de Mongolie (Phasianus colchicus mongolicus), originaire du Turkestan chinois et dont le vrai nom serait : “ faisan kirghize”.
Leur caractéristique principale est, cette fois, la présence d’un collier blanc, comme le faisan à collier ( Phasianus colchicus torquatus ), une autre sous-espèce du faisan de Colchide. Les couleurs du plumage des coqs et des poules de ces sous-espèces varient, tantôt plus clair, tantôt plus foncé comme pour le faisan obscur (Phasianus colchicus “mutant” tenebrosus) au plumage vert métallique quasi noir chez le coq et brun noir pour la poule.
Difficile, dès lors, de donner des caractéristiques précises de plumage à notre faisan “commun” sinon de vagues ressemblances avec le faisan de Colchide ou le versicolor… avec ou sans collier blanc.

Bien d’autres faisans existent encore…et quels faisans !

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Le faisan venere.

(Syrmaticus reevesii) appartient au genre “syrmaticus” et non plus “phasianus”.
En langage simple, cela signifie non seulement un aspect totalement différent du plumage et des coloris, mais aussi
d’autres moeurs.
Introduit en Europe par Monsieur John Reeves vers 1831, le faisan vénéré est originaire des contrées boisées du nord de la Chine et reste fidèle à son milieu d’origine : la forêt aux peuplements variés, avec de nombreuses allées et clairières.
Beaucoup plus forestier que les faisans du genre phasianus, le faisan vénéré s’en distingue aussi par un plumage couleur or et une queue majestueuse pouvant atteindre 1m90. Cet oiseau est une véritable merveille de la nature… mais qui ne dispose d’aucun statut légal (voir encadré ci-dessous).


Tir du faisan vénéré

Suite à différentes interrogations quant au tir du faisan vénéré, profitons de cet article pour nous y attarder.


Le faisan vénéré ne figure pas parmi les espèces gibiers mentionnées à l’article 1er bis de la Loi sur la chasse. Par conséquent, le tir d’un faisan vénéré ne saurait être onsidéré comme une infraction à cette loi.


Cette espèce n’est pas non plus protégée par la Loi sur la conservation de la nature, étant une espèce non indigène.
Le tir de cet oiseau ne saurait doncêtre sanctionné en application des dispositions de cette loi.

La loi du 14 juillet 1986 relative à la protection et au bien-être des animaux ne trouve pas à s’appliquer ici. Il ressort en effet clairement des travaux parlementaires que cette loi “a pour but de protéger l’animal qui se trouve sous la garde de l’homme et d’assurer son bien-être. Son champ d’application est limité aux animaux se trouvant sous la garde de l’homme. Il ne s’agit nullement de chercher à protéger la faune ni à contrôler d’éventuelles incidences de l’action de l’homme sur celle-ci telle que la pollution de l’atmosphère, des eaux, des végétaux, les modifications de l’environnement, la chasse, la protection de la nature…” (cfr exposé des motifs au Sénat, doc. 469).
Comme mentionné à son article 15, la Loi du 14 juillet 1986 admet la mise à mort par la chasse, cette notion ayant évidemment dans le contexte de cette loi fédérale un sens large et non limité à la mise à mort des seules espèces gibiers, espèces qui différent d’ailleurs d’une Région à l’autre.

En conclusion, le Faisan vénéré ne dispose d’aucun statut légal de protection et les oiseaux de cette espèce peuvent donc, le cas échéant, être tirés par les chasseurs qui en encontreraient sur leurs territoires de chasse.

Il convient cependant de rappeler qu’en tant qu’espèce non indigène, le Faisan vénéré ne peut en aucun cas être lâché dans la nature. La présence soudaine d’oiseaux de cette espèce sur un territoire de chasse pourrait, en fonction de sa situation géographique (proximité ou non de la France par exemple), être a priori considérée par l’Administration (DNF) comme suspecte.

Le faisan vénéré est un galliforme comme le faisan commun, la poule domestique, la caille et les perdrix.
Originaire des régions boisées du centre et du nord de la Chine, il a été introduit en Angleterre en 1831, puis en France en 1870.
Le mâle pèse 1, 4 à 1, 6 kg. Sa queue très longue peut dépasser 1,80 m. Il arbore de vives couleurs : tête blanche rayée de noir, corps brun et or, queue brune et blanche striée de noir.
La femelle a un plumage plus terne, brun foncé et brun clair. Elle mesure 70 à 75 cm et pèse 0,9 à 1,2 kg.
L'espèce est habituellement polygame dans nos régions. La Poule pond 7 à 12 oeufs dans un nid sommaire creusé à même le sol. La plupart des éclosions ont lieu entre début mai début juillet. A la fin de l'été les compagnies comprennent le plus souvent 3 à 6 jeunes accompagnés de leur mère.

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La biologie de nos faisans de “chasse".

Bien qu’il s’adapte plus ou moins à des endroits comme la garrigue, les zones
marécageuses, les plaines céréalières où demeurent quelques boqueteaux, le faisan n’est ni un oiseau des grandes forêts, ni un animal des grandes plaines. Son biotope préféré est fait de bocages, de lisières, de taillis et de haies épaisses, bien réparties au milieu de petites parcelles aux cultures variées. Si l’eau est un élément indispensable pour son cantonnement sur un territoire, le soleil est tout aussi important pour son équilibre vital. Il se plaît à profiter de ses rayons bienfaiteurs dans les allées, clairières et endroits dégagés dès le petit matin pour se réchauffer et se sécher de l’humidité de la nuit.

D’un tempérament plutôt solitaire, le faisan pourra malgré tout se rencontrer
par petits groupes en dehors de la période de reproduction et surtout l’hiver.
Coq et poules vivent alors séparés. Les groupes de coqs sont réduits à quelques individus, alors que les poules pourront être en nombre plus important. Les grands groupes mixtes sont le fruit de lâchers.

Dès l’arrivée du printemps, fin février et début mars, les coqs se séparent et délimitent un territoire. Ils se “cantonnent”. Le territoire du coq, en moyenne d’1 à 10 hectares, sera défendu par le seigneur des lieux pendant toute la durée de la période de reproduction.

Au début, le maître de l’endroit effectue juste quelques petites rondes, surtout matinales et crépusculaires, ponctuées de temps à autre par un chant caractéristique à deux syllabes (lookkk…cook). Très vite, l’activité s’intensifie et il devient interdit à tout autre coq de pénétrer l’espace ainsi délimité. Les chants s’entendent de plus en plus fréquemment, suivis cette fois d’un puissant et rapide battement des ailes au sol. Attention au coq qui ose pénétrer dans le fief du seigneur des lieux… un spectaculaire combat à coups d’ailes et d’ergots s’engage. La seule issue pour le vaincu est la fuite. Sa conséquence : la quasi certitude de ne pouvoir participer à la reproduction cette année-là !

A la même époque, les petits groupes de poules se scindent. Moins territoriales que les coqs, elles vagabondent seules ou encore, à deux ou trois, sur leur domaine vital, plus grand que pour les mâles. Tôt ou tard, elles pénètrent dans le fief d’un de ces seigneurs… Beaux chevaliers, ils paradent et cherchent à séduire la belle avant de s’accoupler. C’est le moment où vous rencontrerez de petits groupes mixtes de faisans : le coq, maître des lieux, et son petit harem. Le faisan est polygame alors que la perdrix grise est monogame.

Une fois fécondée, la poule quitte le coq à la recherche d’un endroit propice à la construction du nid. Elle assurera seule la protection de la couvée et l’éducation des faisandeaux. Le nid est une cuvette à même le sol, tapissée de végétaux.
Certes rudimentaire, il est surtout bien caché dans la végétation. Le choix de l’endroit est très important pour la réussite de la reproduction. Les hautes herbes d’une tournière en bordure de bois, une jachère environnement
faune sauvage dont le fauchage sera tardif, un épais taillis ou des fourrés avec des orties sont autant de lieux propices à la nidification. Les bordures de chemin, les champs de céréales sont aussi des lieux propices à l’élaboration du nid, mais attention aux activités humaines avec les travaux agricoles et les fauchages de début de saison….

En effet, la poule faisane commence à pondre dès fin mars, en moyenne un oeuf tous les deux jours. La saison de ponte culmine en avril. Dans le nid, elle dépose, au fil des jours, 8 à 12 oeufs de couleur brun grisâtre à vert olive, et parfois plus. Ils se confondent parfaitement à la végétation environnante. Chaque oeuf pèse une trentaine de grammes.

L’incubation débute une fois la ponte terminée. Elle dure, en moyenne, 24 jours comme pour la perdrix grise.
La majorité des éclosions a lieu fin mai et début juin, soit un peu plus tôt que pour les jeunes perdreaux qui arrivent en moyenne mi-juin. Le pourcentage d’éclosions réussies par nid varie de 30 à 70 % des oeufs de la couvée.
De nombreux facteurs expliquent le phénomène. Quelques oeufs peuvent ne pas être fécondés… une gelée de printemps qui détruit l’un ou l’autre embryon alors que la poule a quitté le nid pour se nourrir !

Situé à même le sol, le nid est très vulnérable même s’il est bien dissimulé dans la végétation. Sa destruction totale peut être l’oeuvre de prédateurs comme la pie, la corneille ou d’autres encore, avides de ce met de choix qu’est un oeuf, les mustélidés comme la fouine, mais aussi le renard ou… le hérisson !
Placé dans une culture céréalière, ou en bordure de chemin, le nid de la poule faisane peut aussi être détruit par l’activité humaine. L’entretien des talus et bords de chemins agricoles trop tôt dans la saison, la pulvérisation ou un fauchage hâtif des jachères réduisent en quelques secondes tous les efforts de la belle. Les premières ballades des gens des villes, la cueillette des premières fleurs de printemps, pour les vendre ou les offrir le premier mai, dérangent aussi notre poule sur le nid et peuvent l’inciter à l’abandonner !
Enfin, le mauvais temps ou les violents orages de saison peuvent noyer ce nid et obliger la poule à le quitter définitivement, ne lui laissant d’autre choix que… recommencer !

Si les oeufs sont détruits avant le début de la couvaison, la courageuse poule faisane reconstruit un deuxième nid pour continuer sa ponte.
Lorsque l’accident arrive alors qu’elle a commencé à couver, elle reconstruit le
plus souvent un nouveau nid pour assurer une nouvelle ponte. Cette ponte de “recoquetage” n’aura que quelques oeufs (5 à 8 au plus).
En cas de réussite de cette couvée, les jeunes faisandeaux verront le jour en
juillet, voire au mois d’août.

Quelques heures après l’éclosion, les poussins quittent déjà le nid. Ils sont
“nidifuges”. Ils pèsent à peine 20 grammes.
Leur protection et leur éducation sera assurée par la poule seule. Capables de voler dès la deuxième semaine ( ils ont alors environ 80 grammes ), le plumage juvénile est complet, de couleur gris brun, dès la 5ème semaine.
Le poids d’un faisandeau est alors d’environ 250 grammes.
La croissance est très rapide et assurée par une alimentation essentiellement faite de proies animales, comme pour le perdreau, durant les 3 à 4 premières semaines. Pucerons, fourmis et leurs oeufs, vers, larves, mollusques et insectes en tous genres sont l’essentiel de la nourriture des jeunes faisandeaux. Le second mois, le régime alimentaire s’étend, devient plus varié. Sans dédaigner cette première nourriture, le jeune faisan devient granivore et herbivore, comme les adultes. Les jeunes pousses, les feuilles, les graines des plantes cultivées ou sauvages constituent dorénavant l’essentiel de son alimentation et peuvent représenter jusqu’à 95 % des 75
à 80 grammes de nourriture qu’il consomme quotidiennement à l’âge adulte !

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