Les canards

Introduction

Colvet    Sarcelle    Pilet


Les principales espèces de gibier d’eau sont des anatidés. On en trouve deux groupes : les canards de surface, parmi lesquels on compte les seules espèces chassables car ouvertes : le canard colvert, le canard siffleur et la sarcelle d’hiver et le groupe des canards plongeurs comme les fuligules, etc, pour lesquels on ne trouve pas de date d’ouverture de la chasse. Les canards sont normalement monogames, leurs jeunes sont nidifuges.


Morillon       Chipeau

 

Les canards de surfaces

Les canards de surface barbotent dans l’eau à la recherche de la nourriture : pour eux, des flaques d’eau de faible profondeur suffisent amplement puisqu’ils ne doivent pas nager en plongée pour s’alimenter. Ils cherchent également leur nourriture dans les prairies et les cultures. On les distingue des canards plongeurs :

envol   pausé


Les femelles des canards de surface se ressemblent toutes par leur plumage terne, rappelant celui de la poule faisane. A la fin du printemps, les mâles muent : à cette période, ils sont incapables de voler; ils prennent alors un plumage d’éclipse ressemblant à celui des femelles; la seule chose qui permette de différencier les sexes est la couleur du bec qui ne change pas. En livrée nuptiale, les mâles arborent un plumage aux coloris multiples et variés contrastant avec le ton uniforme gris brun des femelles. Les deux sexes présentent généralement un miroir coloré sur le bord postérieur des ailes.

Ils sont surtout actifs la nuit et se reposent le jour sur le rivage ou en pleine eau. Ils peuvent quitter le milieu aquatique pour rechercher leur nourriture. Celle-ci est essentiellement végétale et composée de feuilles, bourgeons et graines de plantes aquatiques et autres. La nourriture animale, surtout importante pour les canetons, comprend insectes, vers, mollusques, crustacés et frai de poisson.

La ponte se compose en moyenne de 8 à 12 oeufs et la maturité sexuelle est atteinte à l’âge d’un an.
La plupart des canards de surface du Paléarctique occidental nichent au nord de l’Europe, en Scandinavie, aux Pays-Bas et surtout en Russie (ex-URSS). A l’approche de la mauvaise saison, ces oiseaux migrent vers des zones situées plus au sud, la France, l’Espagne, le bassin méditerranéen et même l’Afrique pour certaines espèces. Nous abritons des oiseaux dit “migrateurs partiels” qui nichent dans les zones humides et effectuent des glissements de populations en fonction des aléas climatiques hivernaux.

Les canards plongeurs

Les canards plongeurs ont besoin de pièces d’eau d’une certaine profondeur qui leur permette de plonger à la recherche de la nourriture.
On les distingue des canards de surface :



Les canards plongeurs sont de grands voyageurs qui répondent aux même exigences migratrices que leurs cousins dit “de surface”. Néanmoins, ils n’hivernent généralement pas sur les mêmes zones.

Comme de nombreux canards de surface, les plongeurs du paléarctique occidental nichent au Nord de l’Europe (Russie, Scandinavie, Europe centrale) mais se distinguent des “barboteurs” par leur reproduction plus tardive. Ainsi leur migration se trouve décalée et le pic d’arrivée sur les sites d’hivernages se situe en janvier alors qu’il a lieu en décembre pour les canards de surface. Ces zones d’hivernage sont peu méridionales, ainsi le bassin méditerrannéen n’est guère fréquenté. Généralement grégaire, les canards plongeurs aiment hiverner sur des sites dégagés assurant sécurité et ressources alimentaires abondantes.

Les plongeurs ne portent pas de miroirs colorés aux ailes mais des taches blanches diversement disposées. Celles-ci jouent aussi un rôle de signaux optiques très utiles en vol nocturne. Le dimorphisme sexuel est prononcé comme chez les barboteurs et le déroulement des mues, comparables.

Plus volontiers grégaires que les barboteurs, ils recherchent les grandes étendues d’eau claire et libre dont la profondeur n’excède pas leur capacité de plongée (1,5 à 7 – 8 mètres) et où ils se rassemblent en grande troupe en hiver. La végétation palustre n’est recherchée qu’en période de nidification.
Les plongeurs pondent moins d’oeufs (7 à 10 en moyenne) que les barboteurs et se reproduisent l’année qui suit leur naissance.

L’eider à duvet, le garrot et les macreuses fréquentent presque exclusivement les régions côtières et les estuaires tandis que les fuligules milouins et morillons affectionnent particulièrement les étendues d’eau douce que sont les lacs, les réservoirs et les grands fleuves. Les plongeurs aiment ces grands espaces aquatiques sur lesquels ils se déplacent parfois en bandes compactes. Davantage carnivores, les canards plongeurs ont développé des particularités anatomiques (voir tableau des différence morphologiques). Ils sont capables d’aller chercher profondément leur nourriture (jusqu’à 10 mètres pour les morillons et les milouins). Leurs pattes, disposées très en arrière du corps, sont munies de grandes palmes qui leur donnent une grande habileté sous-marine. Ils possèdent également un bec robuste pour déguster moules et mollusques.

Les Migrations

Les migrateurs au long cours partent jusqu’en Afrique sahélienne. C’est le cas du pilet et de la sarcelle d’été. Pour les autres espèces, on relève des sites d’hivernage en bordure de la Méditérranée, en Italie, sur la bordure grecque occidentale ainsi que sur l’île de Malte. La migration est déclenchée par des facteurs physiologiques, climatiques et environnementaux. Il existe trois types de déplacements :

Une halte très appréciée : La France

En France, les principales zones de nidification sont : la plaine du Rhin, les Dombes, la Camargue, le val de l’estuaire de la Loire, la Brenne, la baie de Somme et la baie du Mont-Saint-Michel. Dès l’automne de nombreux oiseaux arrivent en hivernage en suivant les côtes de la Manche et de l’océan Atlantique pour s’établir dans les Dombes, la Brenne, le long des vallées du Rhône, du Rhin et de la Loire ainsi que sur les grands lacs de la région Champagne-Ardenne (réservoirs Seine, Marne et Aube).
L’un des principaux couloirs migratoires suit l’axe rhénan puis le cours du Doubs et de la Saône pour atteindre le sillon rhodanien. Un second axe passe au nord de la France, d’est en ouest puis longe les côtes de la Manche et de l’Atlantique.